FEUILLET D'INFORMATION
Les infections vaginales et
les traitements alternatifs
Des sécrétions vaginales...
c'est normal !
Beaucoup de femmes sont incommodées par leurs odeurs
vaginales ou ont peur de déranger.
L'industrie pharmaceutique nous encourage à les camoufler
en parfumant tampons et serviettes absorbantes. Combien d'entre
nous sont gênées, à un moment ou à
un autre, de pertes vaginales ou d'odeurs pourtant tout faite
à normales !
Il est important de nous familiariser avec nos sécrétions
vaginales et d'apprendre à déceler un changement
au niveau de leurs odeurs, de leurs couleurs ou de leurs consistances.
Il s'agit là d`indications précieuses sur notre
état de santé, d'où l'importance de telles
observations.

Clarifions quelques définitions...
Le vagin
Le vagin est un conduit qui s'étend de la vulve au
col de l'utérus et qui est fait de tissus très
extensibles. Ses parois sont tapissées d'une membrane
qui ressemble à celle de l'intérieur de la bouche.
Contrairement à certaines croyances, l'intérieur
du vagin est propre.
Sa paroi interne (épithélium) est composée
de cellules qui ont un contenu de sucre (glycogène)
plus ou moins variable et de bacilles de Doderlein (lactobacilles)
qui maintiennent le vagin dans un milieu légèrement
acide.
Le vagin possède plusieurs mécanismes de protection.
Il produit des sécrétions vaginales blanchâtres
ou jaunâtres composées d'un ensemble de cellules
mortes et de sécrétions provenant du col de
l'utérus. Elles varient en fonction du cycle menstruel
et de l'excitation sexuelle. Par exemple, en période
d'ovulation, il y a une production accrue de sécrétions
qui ressemblent à un blanc d'oeuf cru. Le vagin contient
aussi des micro-organismes (bactéries, champignons,
protozoaires) qui le protègent des agents extérieurs.

Vaginite ou infection vaginale ?
La vaginite est une inflammation du vagin. Elle peut être
provoquée par différents facteurs soit une infection,
une allergie, etc. On utilise souvent, dans le langage courant,
le terme « vaginite » pour
parler d'infection vaginale.
Il existe de multiples causes pouvant engendrer une infection
vaginale. Ainsi, lors d'un débalancement quelconque
de l'organisme, les micro-organismes contenus dans le vagin
peuvent provoquer une infection. Nous pouvons également
avoir une infection vaginale lorsque le degré d'acidité
du vagin est modifié. Notons que l'infection vaginale
peut également être transmise par relations sexuelles,
hétérosexuelles ou lesbiennes.
Certaines femmes vont avoir de façon répétitive
une vaginite malgré tous les traitements administrés.
La connaissance des facteurs qui prédisposent aux infections
est d'autant plus importante qu'elle permettra peut-être
d'en prévenir l'apparition et ce dès les premiers
symptômes.

La vulvite
La vulvite est une inflammation de la vulve causée
par des agents irritants. Précisons que nous pouvons
soit développer uniquement une vulvite ou développer
une vulvite et une vaginite à la fois.
Les M.T.S.
Les infections transmissibles sexuellement (M.T.S.) sont
des maladies infectieuses qui se transmettent d'une personne
à une autre lors d'un contact sexuel. Les M.T.S. nécessitent
toujours un traitement médical parce qu'elles sont
transmissibles, se multiplient rapidement et peuvent atteindre
d'autres régions du corps. Cependant, les symptômes
des M.T.S. ressemblent à ceux des infections vaginales.
Il faut donc faire preuve de vigilance !

Les vaginites, ça m'irrite !
Voici quelques-uns des facteurs connus qui peuvent modifier
l'équilibre du vagin :
-
l'état de santé : une alimentation
déséquilibrée, un excès de
fatigue, des difficultés émotionnelles,
l'abus d'excitants, les situations stressantes diminuent
notre résistance aux agents infectieux.
-
la grossesse : les cellules du vagin d'une
femme enceinte retiennent plus de sucre.
-
le diabète : un diabète non
contrôlé produit un excédent de sucre
dans le vagin.
-
les habitudes sexuelles :
-
si la lubrification du vagin n'est pas suffisante
lors du coït ou lors de l'introduction des doigts ou
d'objets dans le vagin, une inflammation de la muqueuse
vaginale peut se produire. Cette dernière est
un milieu propice à l'infection ;
-
un-e nouveau ou nouvelle partenaire sexuel-le peut
provoquer une vaginite ;
-
s'il y a un contact vaginal après un contact
anal, des micro-organismes peuvent se propager du rectum
au vagin et entraîner une vaginite.
-
une vie sexuelle insatisfaisante : il peut être
intéressant de s'interroger sur ce facteur dans
l'apparition d'infections vaginales à répétition.
-
les pilules contraceptives : elles produisent
une augmentation variable du taux de sucre des cellules
vaginales.
-
les spermicides : ils peuvent irriter la muqueuse
vaginale ou provoquer une allergie.
-
les traitements antibiotiques : ils diminuent
la quantité de lactobacilles présents dans
le vagin, le système digestif, les intestins et
le rectum. Cette diminution entraîne donc une augmentation
du taux de sucre.
-
les huiles de bain ou savons : ils sont souvent
alcalins et diminuent l'acidité du vagin.
-
les douches vaginales : elles détruisent
les lactobacilles qui maintiennent le niveau de sucre
des cellules.
-
les bas-culotte, sous-vêtements en nylon
et pantalons serrés à la vulve
: ils retiennent l'humidité et la chaleur créant
ainsi un milieu propice au développement de microorganismes.
-
le papier hygiénique de couleur et parfumé :
les produits chimiques qui colorent ou parfument les papier
hygiénique peuvent déséquilibrer
la flore vaginale.
-
les objets humides (maillots de bain, serviettes) :
il ne faut pas laisser sécher sur soi un costume
de bain car il peut contenir des spores (germes en repos).
Il faut donc le laver et le sécher après
usage. Évitez de partager serviettes et débarbouillettes.
-
les habitudes hygiéniques : en s'essuyant
de l'anus vers le vagin après avoir uriné
ou après une selle, on transporte des bactéries
dans le vagin.

Comment les détecter...
En observent régulièrement nos sécrétions,
on peut détecter rapidement une infection et prévenir
tout de suite les symptômes désagréables
de démangeaison et d'irritation à la vulve.
On peut compléter nos observations à l'aide
d'un spéculum afin de voir l'état de la muqueuse
vaginale et du col.
Lorsque nous avons une infection vaginale ou des infections
persistantes ou à répétition, il est
utile de s'interroger sur les facteurs qui ont pu les déclencher.
Les vaginites telles que le candida
albican,
le trichomonas
et la vaginose
bactérienne ne nécessitent pas
forcément de traitement, qu'elles soient symptomatiques
ou asymptomatiques. Dans la plupart des cas, elles se résorbent
d'elles-mêmes mais si les symptômes gênent,
ces infections peuvent être enrayées par différents
traitements. Nous vous en proposons quelques-uns ci-après.
> Candida
Albican (champignon)
Observations des sécrétions, du col
et de la muqueuse vaginale
-
les parois du vagin sont rouges
-
sécrétions blanchâtres, grumeleuses
(comme du fromage cottage)
-
odeur de levure de pain au niveau de la vulve
-
démangeaison et irritation à la vulve
Traitements alternatifs
-
Si aucun symptôme dérangeant : aucun traitement.
-
Si symptômes :
DOUCHE VAGINALE ACIDE
2 c. à table de vinaigre dans 1 pinte d'eau, une
douche par jour pendant 5 jours (non recommandé
pour les femmes enceintes)
OU
CAPSULES OU CRÈME DE YOGOURT CONCENTRÉ*
(Kolorex d'Innovite ou Candigène ou Fermalac de Vagilac
ou autre marque, certaines sont plus difficiles à trouver)
N.B. : Il est recommandé d'utiliser des mini-serviettes
pour absorber l'excédent de crème s'écoulant
hors du vagin.
Traitements médicaux
-
Si aucun symptôme dérangeant :
aucun traitement.
-
Si symptômes :
CRÉME OU OVULES*
(Monistat ou autre marque en vente libre dans les pharmacies)
À insérer dans le vagin, de 3 à 7 jours.
*Disponibles dans les magasins d'aliments naturels.
Prévention de la réinfection
Le(s) partenaire(s) masculin(s) doit(vent) se protéger
pendant le traitement en évitant la pénétration
vaginale ou en portant un condom.
La(les) partenaires féminine(s) doit(vent) s'abstenir
de contacts directs entre les sécrétions vaginales
et les muqueuses pendant le traitement.

> Trichomonas
(parasite, MTS)
Observations des sécrétions, du col
et de la muqueuse vaginale
-
petits points rouges sur les parois vaginales et le
col de l'utérus
-
sécrétions filantes, mousseuses et jaunâtres
-
odeurs fortes
-
irritation à la vulve et à l'entrée
du vagin
Traitements alternatifs
BUT : Éliminer le parasite.
- Si aucun symptôme dérangeant :
aucun traitement.
N.B. Certaines femmes décident de ne prendre
aucun traitement et les symptômes disparaissent.
La nécessité d'un traitement aux antibiotiques
est discutée et discutable.
- Si symptômes :
AIL (antiseptique, antiparasitaire).
Insérer dans le vagin une gousse d'ail pelée
(sans la couper, pour éviter que ça brûle)
2 fois par jour pendant une dizaine de jours. On peut
mettre la gousse dans une gaze imbibée d'huile
végétale en laissant sortir un bout hors
du vagin (comme un tampon).
Traitements médicaux
- Si aucun symptôme dérangeant : voir la
note sous traitements alternatifs ci-haut.
- Traitement :
ANTIBIOTIQUES (Flagyl)
> soit 2 gr en une seule dose ;
> soit 500 mg 2 fois par jour pendant 7 jours.
Traiter partenaire(s)
N.B. : Les antibiotiques peuvent causer des nausées,
surtout si pris avec de l'alcool.
Prévention de la ré-infection
Le(s) partenaire(s) masculin(s) doit(vent) se protéger
pendant le traitement en évitant la pénétration
vaginale ou en portant un condom.
La(les) partenaires féminine(s) doit(vent) s'abstenir
de contacts directs entre les sécrétions vaginales
et les muqueuses pendant le traitement.

> Vaginose
bactérienne
Observations des sécrétions, du col
et de la muqueuse vaginale
-
sécrétions grisâtres très
claires
-
avec le sperme, odeurs de poisson
-
cause peu d'irritation et de démangeaison à
la vulve
-
souvent sans symptôme
Traitements alternatifs
-
Si aucun symptôme dérangeant :
aucun traitement.
-
Si symptômes :
DOUCHE VAGINALE À L'EAU ARGILEUSE
Dans une pinte d'eau, 6 cuillerées à table
d'argile blanche*. Laisser l'argile se déposer
au fond du contenant. Ne pas brasser. Prendre l'eau nécessaire
pour faire une douche vaginale. Répéter
pendant 5 jours.
N.B. Éviter d'utiliser une cuillère
de métal quand vous déposez l'argile dans
l'eau car elle pourrait changer les propriétés
de l'argile.
Traitements médicaux
-
Si aucun symptôme dérangeant :
aucun traitement.
-
Si symptômes :
ANTIBIOTIQUES (Flagyl)
> soit 500 mg 2 fois par jour pendant 7 jours
> soit 2 gr en une seule dose
N.B. : Peut causer des nausées, surtout si
pris avec l'alcool. Contre-indiqué pendant la grossesse
et l'allaitement.
S' il y a réinfection, TRAITER LE(S) PARTENAIRE(S)
avec la crème NIDAGEL (disponible sur prescription)
car cette infection est transmissible.
* Disponible dans les magasins d'aliments naturels.
Prévention de la ré-infection
Le(s) partenaire(s) masculin(s) doit(vent) se protéger
pendant le traitement en évitant la pénétration
vaginale ou en portant un condom.
La(les) partenaires féminine(s) doit(vent) s'abstenir
de contacts directs entre les sécrétions vaginales
et les muqueuses pendant le traitement.
Pour prévenir les infections
vaginales...
-
Diminuez la consommation de sucre
-
Mangez du yogourt
-
Évitez autant que possible les antibiotiques
-
Choisissez des vêtements amples, de coton, et évitez
les sous-vêtements en tissus synthétiques.
-
Lavez-vous la vulve à l'eau et au savon non parfumé
et asséchez-vous bien
-
Évitez les savons parfumés, tampons déodorants,
désodorisants vaginaux, sels de bain (irritants
pour la muqueuse vaginale)
-
Ne prenez pas de douches vaginales, sauf si un traitement
est vraiment nécessaire
-
Lors des relations sexuelles, évitez la pénétration
ou l'usage des doigts ou d'objets si vous n'êtes
pas bien lubrifiée.

Pour en savoir plus...
> Nissim, R. Mamamélis, Manuel
de gynécologie naturopathique à l'usage des
femmes, Dispensaire des femmes de Genève,
Genève, 1984.
> Collectif, Les
Maladies transmissibles sexuellement, Les Presses
de la santé, Montréal, 1984.
> Mongeau, S. et M.C. Roy,
Dictionnaire des médicaments de A à Z,
Éd. Québec-Amérique, Montréal,
1984.
> Centre de santé des femmes, L'auto-examen,
un geste de santé, Éd. Du remue-ménage
et Le Centre de santé des femmes, Montréal,
1986.
Pour plus de renseignements au sujet des infections vaginales,
de la cytologie ou de la cape cervicale, contactez-nous au
:
(514) 270- 6112 ou (514) 270- 6110

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